La civilisation agraire
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(Extrait de l’ouvrage : « La Démocratie européenne, mythe ou réalité ?)
Une pensée politique issue de temps révolus
Les institutions de l’Europe reposent aujourd’hui encore sur une pensée politique issue d’un type de civilisation particulier : la civilisation agraire. Or, ce type de civilisaqtion a aujourd’hui disparu.
A la question « D’où provenait l’essentiel des richesses depuis le néolithique jusqu’au XVIIIe siècle ? », la réponse est claire : de la terre.
C’est pourquoi, au cours de cette longue période, le pouvoir et la politique se sont organisés autour de la maîtrise de la terre et des hommes qui la cultivent. Dans les vieilles civilisations agraires, l’origine de la puissance réside donc dans un bien rare dont la qualité, de surcroît, dépend de conditions qui échappent pour l’essentiel à la volonté des hommes. C’est pourquoi la possession de la terre a toujours été un privilège que les hommes se sont arrogé.
Un pouvoir fondé sur la maîtrise de territoires aussi vastes que possible
Même si les hommes ont souvent affirmé le tenir d’un décret divin, la vérité c’est que l’acte d’appropriation de la terre a toujours découlé d’une prise de possession unilatérale défendue par la force. L’homme met en valeur la terre, la terre produit les richesses, les richesses accroissent la puissance de la société, la puissance aiguise les convoitises et le cycle perpétuel des guerres des civilisations agraires se met en mouvement. Lorsqu’une dispute intervient entre les peuples, les nations ou les princes, le recours à la force est une solution normale, puisque le conflit trouve son origine nécessaire dans la maîtrise de la terre, même si parfois la religion a été le motif des affrontements les plus violents : on veut ce que l’on ne possède pas afin d’accroître sa puissance et limiter celle de ses voisins. Les systèmes de coopération internationale dans ce type de civilisation ont toujours été fragiles, parce qu’ils reposaient sur la défense de privilèges.
La puissance et la prospérité reposent désormais, pour l’essentiel, sur le déploiement de l’intelligence humaine
Pour se faire une idée du décalage entre la réalité du monde moderne et les objectifs politiques de l’Union, il suffit de se souvenir que 40 % du budget européen est consacré à la politque agricole. Par ailleurs, on constate chaque jour que les dirigeants des Etats membres sont bien plus préoccupés par la défense de leur pré carré que par la promotion des intérêts de l’ensemble des Européens. Or le monde a changé. Nous sommes désormais pris dans un mouvement qui est exclusivement déterminé par le progrès des sciences et des techniques.
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