Manifeste de citoyens suisses pour l’Europe
p.d.f. in English : the-swiss-citizens-manifest-for-europe.pdf
(Fichier pdf : manifeste-de-citoyens-suisses-pour-leurope.pdf )
Denis de Rougemont, père de l’Europe
Qui se souvient encore qu’à l’origine de l’idéal européen il y a un Suisse, Denis de Rougemont ? Il a très étroitement et très activement travaillé avec deux autres grandes personnalités, Jean Monnet et Maurice Schumann. C’est à l’aune de leur ambition que nous avons réfléchi suite à la courageuse relance du projet européen par le Président Sarkozy.
La Suisse, une petite Europe au sein de l’Europe
En rappelant que pour les pères de l’Europe, la Suisse est un exemple à suivre (Denis de Rougemont) : La Suisse est la maquette de l’Europe) nous devons hélas constater qu’à ce jour, cette Union s’est développée et a été gouvernée en dehors des peuples et parfois même contre eux. A l’évidence, cette façon de faire est le principal écueil à une expansion forte et réelle de « l’identité européenne ». Or, ce sentiment identitaire est essentiel. Pour que cette identité puisse naître et qu’elle devienne un ciment entre tous les européens, le futur Traité doit être littéralement porté par le Peuple et non pas subi par lui.
L’Europe doit se construire dans la perspective de la civilisation scientifique
Cette remise en question doit être mise en perspective avec les impératifs fondamentaux auxquels nous sommes soumis, à la connaissance des choix auxquels nous sommes confrontés et la formulation des objectifs que nous allons nous fixer. Pour réussir ce pari nous devons comprendre que nous sommes face à un changement de paradigme. Nous devons intégrer dans notre réflexion sur l’Union le fait que nous soyons en pleine mutation civilisationnelle. En 150 ans nous sommes passés d’une civilisation agraire à une civilisation d’une nature complètement nouvelle, la civilisation scientifique.
La politique ne peut plus être envisagée comme dans la vieille civilisation agraire
Le nouveau projet de Traité ne doit pas, comme le précédent, continuer d’envisager la politique comme si nous étions toujours dans cette civilisation agraire aujourd’hui en voie de disparition. Une étude attentive des différences entre les caractéristiques intrinsèques de ces deux types de civilisation conduit inévitablement à conclure que la politique ne peut plus reposer sur les mêmes principes et ne peut plus poursuivre les mêmes objectifs qu’autrefois.
Les différences sont telles, entre les deux types de civilisation, que la façon de gouverner les peuples doit être entièrement repensée.
La liberté et le libre déploiement de l’intelligence humaine, piliers de la civilisation scientifique
La civilisation scientifique nécessite le libre déploiement de l’intelligence humaine donc la liberté. Le principe axial sur lequel doivent reposer toutes les institutions politiques est le respect absolu de l’autonomie des personnes et de leur sphère privée.
La capacité individuelle de choisir son propre destin aux conditions de l’éthique, n’est pas un luxe de pays riches, ni une aberration de la culture occidentale, comme cherchent à le faire croire les néo-confucéens et les islamistes. C’est une nécessité absolue inhérente à cette nouvelle civilisation scientifique.
Certains objecteront que la Chine se développe rapidement hors des caractéristiques d’une démocratie. La réponse à cette objection est la suivante : la Chine ne fait que rattraper un retard considérable dû à un système archaïque de gouvernement centralisé. En vérité la Chine actuelle n’invente rien, ne crée rien, elle ne participe en aucune façon au déploiement de la civilisation scientifique. Il est certain que la gestion de l’Union au moyen d’institutions non démocratiques a contribué à l’affaiblissement de l’Europe : celle-ci n’est plus un moteur pour la civilisation scientifique, alors qu’elle recèle tous les atouts pour l’être. Afin qu’elle puisse redevenir un exemple dans le monde et qu’elle soit de nouveau capable de participer à la grande aventure de cette civilisation, elle doit se doter d’institutions qui reconnaissent sans la moindre ambiguïté la souveraineté des peuples et l’absolue liberté des individus.
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